About the Conference
1. Contexte et justification*
L'intelligence artificielle s'impose aujourd'hui comme la transformation technologique majeure de la décennie, redéfinissant les manières de produire, de traiter et de mobiliser l'information et les savoirs (Russell et Norvig, 2021). Elle n'est plus une perspective lointaine : elle classe déjà des documents, extrait des données, reconnaît l'écriture manuscrite, génère des contenus et oriente des décisions administratives. En cela, elle prolonge et bouleverse à la fois la relation, explorée lors des précédentes éditions de la CIBA, entre la capacité d'une organisation à gérer l'information et sa capacité à innover.
Cette relation, cependant, se déplace. Là où l'innovation organisationnelle interrogeait la manière dont la gestion de l'information conduit l'organisation à se transformer, l'intelligence artificielle introduit un acteur nouveau dans le cycle de l'information : un système capable de traiter, d'interpréter et de produire de l'information de manière autonome. Cette autonomie soulève des questions inédites de responsabilité, de confiance et de contrôle.
Les promesses sont considérables — description et indexation automatisées, découvrabilité accrue des collections, aide à la décision, valorisation des fonds. Mais elles s'accompagnent de risques réels : opacité des algorithmes, biais dans les jeux de données, fragilisation de la valeur probante du document, dépendance technologique et incertitudes sur la souveraineté et la préservation à long terme des données (UNESCO, 2021). Pour les professionnels de l'information — archivistes, documentalistes, bibliothécaires, gestionnaires de l'information — la question n'est plus de savoir si l'IA transformera leurs pratiques, mais comment en encadrer l'usage de manière responsable, éthique et durable.
Le présent appel met l'accent sur cette gouvernance responsable de l'information à l'ère de l'intelligence artificielle, c'est-à-dire sur l'ensemble des cadres, des pratiques et des choix par lesquels les organisations mettent l'IA au service de la mémoire, de la preuve et du savoir, plutôt que de s'y soumettre.